Aubergenville De nombreux policiers mobilisés après un sordide canular téléphonique

Une famille d'Aubergenville a été la cible d'un swatting, mercredi après-midi. Ce procédé consiste à appeler la police pour faire croire qu'un crime est en cours chez un particulier, afin de déclencher une intervention musclée à son domicile.

Publié le : 18/05/2017 à 10:47

Une trentaine de policiers de plusieurs commissariats de la région ont été mobilisés suite au canular.
Une trentaine de policiers de plusieurs commissariats de la région ont été mobilisés suite au canular.

Important déploiement de police ce mercredi 17 mai, à Aubergenville, suite à un canular téléphonique de très mauvais goût. Vers 14 h 30, le bureau de police de la commune reçoit un appel anonyme. Au bout du fil, un homme affirme qu’il vient de tuer sa femme et qu’il va mettre fin à ses jours. Il donne aux policiers l’adresse d’un pavillon, situé à proximité du poste de police.

Déjà victimes de plusieurs canulars de ce type

La famille qui habite les lieux a déjà été plusieurs fois la cible de swatting ces derniers mois. Cette pratique apparue dans le milieu du jeu vidéo en ligne consiste à contacter anonymement les autorités pour déclencher une intervention musclée chez un particulier, dans le but de lui nuire.

Néanmoins, la police fonce sur place pour « lever les doutes ». Avec le renfort provenant des communes voisines, au total, une trentaine de fonctionnaires sont mobilisés.

Coïncidence, quand les forces de l’ordre arrivent sur les lieux, les fenêtres du pavillon sont grandes ouvertes et personne ne donne signe de vie. « La propriétaire des lieux se trouvait au fond de sa maison, avec son enfant, explique une source proche du dossier. Elle n’a pas entendu les collègues crier « police, police ». »

Les fonctionnaires progressent alors dans l’habitation et découvrent que tout le monde va bien.

La famille visée, des « personnes sans histoires », doit déposer plainte dans la journée. « Elles sont la cible de ce type d’appels malveillants depuis quelques mois, ajoute notre source. Soit l’auteur dit qu’il a tué sa femme et qu’il va mettre fin à ses jours, ou il prévient qu’il va la tuer. »

Un appel anonyme au poste de police d’Aubergenville

L’imposteur a appelé le poste de police d’Aubergenville en numéro anonyme. « Au standard du 17, le numéro est immédiatement identifié. Dans un commissariat, ce n’est pas le cas », ajoute l’enquêteur qui précise que des investigations techniques seront nécessaires pour retrouver sa trace. Il encourt deux ans de prison et jusqu’à 30 000 euros d’amende.

Qu’est-ce que le swatting ?
Le phénomène du swatting, venu des États-Unis, tire son nom du Swat, l’équivalent des Raid et GIGN français. Il a été utilisé dans la communauté des joueurs en ligne, comme moyen de vengeance. Le principe, réunir des éléments sur la vie personnelle de la cible, déclencher une opération de police à son domicile, et y assister en direct car beaucoup de joueurs se filment avec leur webcam pendant leur partie. Sean Combs, Ashton Kutcher, Tom Cruise, Chris Brown, Miley Cyrus, Justin Bieber, Clint Eastwood, le journaliste Pierre Haski, le rappeur Kamelancien, les animateurs télé Aymeric Caron et Enora Malagré font partie des célébrités victimes de swatting.
Plusieurs militants de la cause palestinienne, en France, ont également été visés par ce procédé, notamment Bénédicte Bauret, élue d’opposition à Mantes-la-Ville en mars 2015, et Éric Roulot (PCF), le maire de Limay, en décembre de la même année.

78410 Aubergenville
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