Houdan Jean-Marie Tétart veut que son successeur fasse « consensus »

Jean-Marie Tétart, défait aux élections législatives, avait annoncé qu'il abandonnerait la mairie dans les prochaines semaines. Deux semaines après, il temporise, estimant que son départ provoquerait des divisions au sein de son équipe.

Publié le : 14/07/2017 à 19:00

Jean-Marie Tétart compte se retirer de la vie politique pour se consacrer à l'aide au développement des pays d'Afrique. -
Jean-Marie Tétart compte se retirer de la vie politique pour se consacrer à l'aide au développement des pays d'Afrique. -

Le soir de votre défaite vous annonciez votre retrait de la mairie pour le mois de juillet. Quand quitterez-vous votre fonction de maire ?

Ça dépend. Quand on transmet un flambeau, il faut le faire dans de bonnes conditions, avec une équipe soudée, bien organisée, capable de mener à bien les projets en cours. Ce n’est pas le cas pour le moment.

Qu’est-ce qui cloche ?

Ma succession. Toute compétition interne provoque des divisions. Il faut que mon équipe trouve un consensus pour désigner le futur maire. Quand on quitte ses fonctions de manière brutale, on ne se soucie pas de son remplacement. Quand c’est un choix mûrement réfléchi, on ne part pas pour laisser le bazar.

« Il se peut que j’aille au bout de mon mandat »

Qui sont les prétendants à votre succession ?

Ma première adjointe (Catherine Buon ndlr), elle a mes faveurs, car depuis un an elle me supplée. Et mon deuxième adjoint (Christophe Veillé) : c’est un homme de qualité, mais un certain nombre d’éléments me font pencher en faveur de mon adjointe.

Donc, à quelle date partez-vous ?

Si on me présente une liste complète, où tout le monde est d’accord, avec l’envie de concrétiser les projets, je partirai sans me poser de questions. Quoi qu’il en soit, ce ne sera pas avant septembre. Il se peut aussi que j’aille au bout du mandat, pour les raisons que je viens de vous expliquer. Pour moi la légitimité s’acquiert dans les urnes, par un scrutin direct, j’y ai été confronté douze fois, pas par des petits accords au sein du conseil municipal.

Quels sont ces projets à boucler à Houdan ?

Il y a le parking souterrain en centre-ville et l’urbanisation au-dessus, l’aménagement de la bretelle de sortie de la N12, la rénovation de la cité de l’Opton, la transformation du centre administratif…

Quels sont vos souvenirs les plus marquants de vos vingt-cinq ans de mandat à Houdan ?

Quand j’ai été élu comme conseiller municipal, en 1989, j’étais jeune… Ce qui me satisfait le plus, c’est d’avoir vu la ville se transformer. Je garde de bons souvenirs des inaugurations du Donjon, de la ferme Deschamps, de la Tannerie avec sa résidence d’artiste, de la piste cyclable, à vélo.

Et les mauvais… ?

Les inondations : il est impossible de corriger les erreurs du passé, mais je ne les ai pas reproduites ; la tempête de 1999, l’envahissement de terrains par les gens du voyage… Le genre d’événements qui hantent la vie de tout maire, mais qui forgent l’expérience.

« Macron m’a tué »

Avez-vous digéré votre défaite aux législatives ?

Au deuxième tour des législatives, j’ai fait 65 % à Houdan alors que d’autres ont réalisé des scores d’outsiders dans leur propre ville. J’en suis heureux. Je suis très satisfait aussi de mon mandat, très riche, où j’ai appris beaucoup. J’étais impliqué dans les discussions sur le logement, la loi Alur, l’agriculture, l’aide au développement. J’ai défendu des causes et des individus. Mon travail était reconnu par mes pairs et sur le terrain. Je perds face à Macron. Je n’étais pas un candidat franchisé. Macron m’a tué. J’espère que mon successeur à l’Assemblée fera un aussi bon mandat que moi.

Pensez-vous à vous représenter aux législatives en 2022 ?

Non. J’aurais 70 ans. Qu’est-ce que j’irais faire à l’Assemblée ?

À quoi allez-vous vous consacrer après votre retrait de la vie politique ?

À l’aide au développement en Afrique. C’est le continent qui compte le plus de pays pauvres, avec une démographie galopante : bientôt 2,5 milliards d’habitants avec un âge médian de 15 ans, un manque d’accès aux services de premières nécessités, des problèmes climatiques… Ça ne peut que faire le lit de l’obscurantisme, de la guerre et de l’immigration. La situation se répercutera en Europe. Je voulais continuer à œuvrer sur ce thème à l’Assemblée. Maintenant, j’ai six mois pour me reconvertir, avant qu’on ne m’oublie. Je ne sais pas encore par quel biais : l’associatif, des fonctions officielles, des missions d’expertises, de la formation… Une chose est sûre, je vais mettre ma passion, mes compétences et mon engagement au service de cette problématique.

Propos recueillis par
Renaud Vilafranca

78550 Houdan
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