Sartrouville La cité des Indes prépare sa métamorphose

La cité des Indes de Sartrouville va être complètement transformée dans les années à venir. Le bailleur du quartier et Bouygues immobilier travaillent en commun sur le projet.

Publié le : 10/02/2016 à 15:49

Logement francilien et Bouygues immobilier espère façonner la cité des Indes de la sorte.
Logement francilien et Bouygues immobilier espère façonner la cité des Indes de la sorte.

Les Indes vont changer littéralement de visage dans les vingt années à venir. Mardi 9 février, Logement francilien, bailleur de cette cité HLM bâtie dans les années 60, et Bouygues immobilier ont signé une convention pour «préparer la mutation complète» du quartier. Les 1 300 logements actuels vont être progressivement démolis et remplacés par 1 800 autres, dans un style totalement différent, très moderne. Exit les tours, les barres HLM, et place à un habitat à «taille humaine», composé d’immeubles de cinq étages maximum, de maisons de ville, avec la présence de nouveaux commerces.

Un tiers de HLM, le reste en accession à la propriété et dans le privé

Le projet comprend un tiers d’habitat social, une partie en accession sociale à la propriété, et le reste sera certainement privatisé. Les quelque 800 logements sociaux qui disparaîtront du quartier seront reconstruits sur le territoire de Saint-Germain-Boucles de Seine (SGBS), la nouvelle communauté d’agglomération, dans laquelle beaucoup de communes membres n’atteignent pas leur quota de HLM.

Le quartier s'est déjà énormément transformé ces dernières années, après le premier chantier de rénovation urbaine.
Le quartier s'est déjà énormément transformé ces dernières années, après le premier chantier de rénovation urbaine.

«L’objectif est de transformer de manière radicale ce quartier et ainsi d’exploiter tout son potentiel, que ce soit sur le plan géographique, au niveau des transports, déclarait Gérard Seigné, le président du directoire de Logement francilien. Nous avons toujours voulu amener un meilleur cadre de vie sur les territoires où nous sommes présents. La cité des Indes a été construite à l’écart de la ville. Nous voulons en faire un quartier à part entière. Ce partenariat avec Bouygues va donner un nouvel élan à nos ambitions.»

Une mutation «exceptionnelle» pour une cité sensible

Ce partenariat bailleur-promoteur, à une telle échelle, revêt un caractère exceptionnel a souligné François Bertière, président-directeur-général de Bouygues immobilier. «C’est le prototype de la rénovation urbaine telle qu’elle sera pratiquée dans le futur. Ce projet permettra d’amener de la mixité sociale et générationnelle dans le quartier. Des aménagements seront réalisés en terme d’équipements publics.»

Pour le PDG de Bouygues, transformer le quartier ne veut pas dire mettre à la population actuelle à la porte. «Notre projet sera co-construit avec les habitants, par l’intermédiaire de conseils citoyens précise-t-il. Si le but était de mettre tout le monde à la porte, ce serait un échec.»

Cette rénovation en profondeur sera réalisée en partenariat avec l’Anru et la Ville. Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué. Un appel d’offres va être lancé très prochainement afin de définir un projet urbanistique pour le quartier.

Cette transformation a déjà débuté

La première étape de cette métamorphose, c’est la démolition des 95 logements du bâtiment 4, une barre d’immeuble de la rue André-Malraux prévue pour 2018. Bouygues y réalisera ses premiers bâtiments, d’une capacité de 165 logements. Le processus de relogement des locataires a déjà été entamé.

«Début janvier, nous avons commencé à contacter les habitants pour prendre connaissance de leurs souhaits de relogement. Cela va se faire en concertation avec eux, précise le président du directoire de Logement francilien. Dans le cadre de la rénovation urbaine, nous avons relogé 3 000 personnes, avec un taux de satisfaction de 80%.»

La volonté politique derrière

Ce projet n’aurait sans doute jamais vu le jour sans la volonté politique du maire, Pierre Fond (LR), de transformer le quartier et de gommer son image de cité sensible. «La cité des Indes a été construite avec les choix d’urbanisme des années 60. C’était une révolution pour l’époque. Avec le temps, on s’est rendu compte des inconvénients des grands ensembles, construits en forme de “châteaux forts”, déclarait-t-il, mardi, lors de la signature de la convention, à la mairie. Ce projet original, qui rassemble pouvoirs publics, promoteur et bailleur, va permettre l’arrivée d’une nouvelle population dans le quartier et ainsi amener de la diversité.»

Il espère ainsi pouvoir répondre à la «demande très forte» en logements et satisfaire le “nouvel arrivant type” à Sartrouville : «Le travailleur, cadre moyen, qui, quand la famille s’agrandit, quitte son logement parisien pour trouver plus grand en banlieue».

La transformation de la cité des Indes a déjà commencé en 2010, avec les premiers chantiers de l’Anru. Trois tours avaient été démolies et plusieurs bâtiments rénovés et résidentialisés. De nouvelles routes ainsi que des espaces verts avaient vu le jour dans le quartier.

78500 Sartrouville

Renaud Vilafranca

Responsable de la rubrique faits divers/justice et du secteur de Maisons-Laffitte au Courrier des Yvelines.
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