Orphin Le maire refuse d'appliquer la réforme des rythmes scolaires

Janny Demichelis, maire d'Orphin, a décidé de ne pas appliquer la réforme des rythmes scolaires. Elle juge son coût trop important et peine à trouver des intervenants.

Publié le : 11/07/2014 à 12:44

Le maire refuse d'ouvrir l'école un jour supplémentaire.
Le maire refuse d'ouvrir l'école un jour supplémentaire.

À la rentrée prochaine, les élèves d’Orphin  devraient garder les mêmes horaires de classe que cette année : à savoir du lundi au vendredi de 8h30 à 11h30 et de 13h à 16h, sauf le mercredi. Le conseil municipal, réuni le 19 juin, a, en effet, décidé de ne pas appliquer la réforme des rythmes scolaires. «Le conseil municipal indique son refus et son incapacité à les mettre en œuvre dans les conditions financières, de sécurité et de qualité de vie pour l’enfant que lui impose la bonne gestion d’une commune et de ses administrés», stipule la délibération.
Madame le maire, Janny Demichelis est ainsi entrée en résistance. «À mon âge, je ne vais pas me laisser imposer une réforme que je  trouve injuste. J’appelle M. Hamon (ministre de l’Éducation nationale) à revoir sa copie et travailler avec les enseignants.»
L’élue a estimé que l’application de la réforme coûterait 70 000 euros pour les 70 enfants de primaire scolarisés à l’école. Une somme dont le village – qui a un budget global d’un milion d’euros – ne semble pas disposer. «Sans oublier que nous manquons d’intervenants et de locaux. Nous ne pouvons pas occuper la garderie, gérée par une association et qui est capable d’accueillir 25 élèves maximum, ni les salles de classe», estime Madame le maire.
Côté personnel, Janny Demichelis peine à trouver des professionnels qualifiés. «Nous sommes à la campagne, allez faire venir un prof de musique pour 30 minutes de cours !», lance-t-elle.
Et d’ajouter, «je suis furieuse contre l’État qui se décharge sur les mairies tout en baissant les dotations et les subventions».
Janny Demichelis réfléchit à déposer un recours contre le décret imposant la réforme à l’instar de communes de l’Essonne.
En attendant, elle craint que ces aléas ne jettent le discrédit sur l’école publique. «Je suis sûre que dans deux ans, nous devrons fermer des classes à Orphin. Des familles, certaines me l’ont déjà dit, vont mettre leurs enfants dans le privé où la réforme n’est pas obligatoire. Et que vont devenir nos écoles de village ?»
L’élue se sent aussi bien seule parmi ses collègues maires de la communauté de communes Plaines et Forêts d’Yveline. «En février 2013, nous avions tous indiqué que nous n’appliquerions pas la réforme et aujourd’hui je suis la seule à le faire vraiment», ajoute-t-elle.
L’élue n’a pas non plus souhaité appliqué une réforme a minima : «je ne ferai pas comme certains qui font commencer l’école à 9h30. Je pense aussi aux parents», lance-t-elle, sans nommer la commune de Saint-Léger-en-Yvelines dont le maire a pris cette décision. Une décision largement contestée par les parents d’élèves.
La rentrée devrait être mouvementée dans le Sud-Yvelines cet automne.

Orphin, 78

Florence Chevalier

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