Milon-la-Chapelle Les femmes déficientes mentales ont trouvé leur havre de paix à Vertcoeur

La fondation Anne-de-Gaulle accueille depuis 1946 des femmes déficientes mentales au château de Vertcoeur. Visite.

Publié le : 07/01/2015 à 16:16

Au sein des maisonnées, les éducateurs proposent des activités aux résidentes.
Au sein des maisonnées, les éducateurs proposent des activités aux résidentes.

À une époque où les personnes intellectuellement déficientes étaient soit confinées chez elles, soit envoyées dans des hospices, le couple Yvonne et Charles de Gaulle fonde un établissement d’accueil et de vie pour des femmes trisomiques ou handicapées mentales. C’était en 1946, au beau milieu de la vallée de Chevreuse, au château de Vertcoeur.
Voulue par le général de Gaulle et son épouse, en souvenir et par amour pour leur fille Anne, trisomique, la fondation De-Gaulle fut créée en 1945. Elle est devenue la fondation Anne-de-Gaulle en août 1948, après le décès d’Anne en février de cette même année, à l’âge de 20 ans.
Aujourd’hui, le foyer de vie héberge toujours 38 femmes, dont certaines sont arrivées très jeunes, comme Claudette. «Je suis arrivée en 1948, à 17 ans», se souvient cette nonagénaire, très alerte. Dans sa chambre tapissée de photos de famille et finement décorée par de jolies poupées, elle n’a pas oublié que ce sont des religieuses qui se sont tout d’abord occupées d’elle.
«Depuis l’origine, la vie spirituelle est très présente à Vertcoeur. Un prêtre continue de venir célébrer la messe chaque mercredi dans la chapelle. Et tous les dimanches, celles qui le souhaitent sont conduites à l’église de Chevreuse», confie le directeur général de la fondation Anne-de-Gaulle, Gilles de Laforcade.
Les religieuses n’ont été remplacées par des éducateurs qu’en 1996, année de la nomination du premier directeur laïc du site.
La non-mixité du lieu est également une spécificité de Vertcoeur. «Nous la revendiquons, affirme le directeur. La mixité systématique n’est pas forcément bien vécue. Et nous avons ici des femmes qui ont eu des parcours très difficiles en foyers mixtes».
Au foyer de vie de Vertcoeur sont accueillies des femmes qui sont inaptes au travail protégé, en raison de leur handicap ou de leur âge. Elles peuvent avoir besoin d’aide extérieure pour les actes de la vie quotidienne comme certains gestes de la toilette ou le maintien des acquisitions cognitives.
Depuis le 1er juin 2011, la fondation gère également le foyer Saint-Louis à Versailles, un lieu de vie mixte de 18 places. «Il s’agit là d’un foyer d’accueil médicalisé où les personnes sont plus dépendantes», précise le directeur.
Et d’ajouter, «ces habilitations entre foyer de vie et foyer d’accueil médicalisé ne correspondent plus à la réalité. Les personnes handicapées vieillissent précocement, entre 50 et 60 ans. Nous devons donc nous adapter. C’est pourquoi à Vertcoeur, nous avons un partenariat avec le centre gérontologique de Che-vreuse», explique Gilles de Laforcade.
Le directeur aimerait ainsi pouvoir restructurer le château, pour développer un habitat en maisonnée. Là, les femmes se retrouvent en petits groupes de 8 à 10 personnes pour partager les repas et faire des activités. Il espère que les études d’agrandissement aboutiront en 2015.

Milon-la-Chapelle, 78

Florence Chevalier

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