Septeuil Liberté, égalité, Fraternité... même à l'église

Dominique Rivière, le maire de Septeuil, veut apposer un symbole républicain sur le fronton de l'église Saint-Nicolas.

Publié le : 06/02/2016 à 10:00

Dominique Rivière, le maire de Septeuil, veut un symbole républicain à l'église Saint-Nicolas.
Le maire Dominique Rivière veut un symbole républicain à l'église Saint-Nicolas.

Il assure n’avoir voulu choquer personne, à commencer par les fidèles, ni même froisser les susceptibilités de l’église catholique. Il affirme d’ailleurs que, si le territoire communal avait abrité une mosquée ou une synagogue, il aurait engagé la même démarche.

L’église : un bâtiment public comme les autres ?

Parce que cette annonce, faite le 25 janvier lors de son discours des vœux à ses administrés, n’est qu’une suite logique ! Dominique Rivière s’explique : « À mon arrivée à la mairie en mars 2014, aucun, je dis bien aucun des bâtiments publics de la commune ne faisait référence à la République. Nous avons milité, du temps où nous étions dans l’opposition, pour que la majorité fasse le nécessaire. En vain. Depuis près de deux ans, nous avons donc successivement comblé ce vide. Sur le fronton de la mairie, à l’entrée des écoles… » Et d’ajouter :

Le temps était venu pour notre église. Par ce geste, on veut aussi rappeler que les lieux de culte ne sont pas en dehors de la République.

Depuis 1905 et la loi sur la séparation des églises et de l’État, fondatrice de notre laïcité contemporaine, les églises de France appartiennent en effet au domaine communal. L’initiative du maire septeuillais est pourtant tout sauf anodine. Le nombre d’églises portant une mention républicaine en France s’élève seulement à une petite centaine. Elles sont répertoriées majoritairement dans le sud du pays.

Une centaine d’églises en France porte un symbole républicain

Ces références, parfois ostentatoires, à la République sont des vestiges des périodes révolutionnaires, des inscriptions ou des symboles autant politiques qu’anticléricaux. La démarche de Dominique Rivière et de son équipe municipale ne répond donc à aucune mode actuelle. Elle résonne en revanche très fort à la lumière du climat actuel. « Il n’y a aucune intention déguisée derrière notre initiative, insiste encore l’élu septeuillais. Cette référence à la République sera visible mais très discrète. On ne veut pas défigurer l’église Saint-Nicolas, qui est l’un des emblèmes de notre patrimoine. » À quel symbole songe le maire septeuillais :

Ce sera peut-être un drapeau tricolore, une plaque avec la devise Liberté, égalité, fraternité, comme à l’entrée de nos écoles.

Le maire de Septeuil devra pourtant obtenir l’accord de l’église catholique pour aller au bout de sa démarche. « Je ne le savais pas, avoue Dominique Rivière. Mais je ne vois pas pourquoi elle s’y opposerait. » Les autorités du diocèse de Versailles se laisseront-elles convaincre ?

L’accord du diocèse est indispensable

Nous avons sollicité le point de vue de Mgr Eric Aumonier, l’évêque de Versailles, sur cette question. Ce dernier ne répondra pas. Voici le premier commentaire du service communication du prélat : « Pour l’heure, le diocèse n’est pas au courant du dossier. »
Mais rappelant les dispositions de la loi de 1905 portant sur la séparation des églises et de l’État, la communication du diocèse rappelle que si les communes sont propriétaires des édifices datant d’avant 1905, l’État accorde l’usage des locaux à l’église qui en devient l’affectataire. « Que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur, qu’il s’agisse de travaux de rénovation, de modification architecturale ou simplement de mobilier, l’État ne peut rien faire sans l’avis de l’affectataire. Quand nous aurons connaissance du dossier, nous dialoguerons avec le maire. »

78790 Septeuil

David Goudey

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