Saint-Germain-en-Laye Profanations en série sur les oratoires de la forêt

Les oratoires, des symboles religieux répartis en forêt de Saint-Germain-en-Laye, sont régulièrement saccagés par des tirs de fusil. Les casseurs n'ont pas été identifiés.

Publié le : 17/02/2016 à 19:00

Ces édifices religieux sont répartis dans la forêt.
Ces édifices religieux sont répartis dans la forêt.

Qui en veut aux oratoires de la forêt de Saint-Germain-en-Laye ? Sept petits édifices religieux sont répartis dans les 3 532 hectares du deuxième plus grand massif forestier d’Île-de-France. Ces boîtes, surmontées d’une croix, renferment des statuettes de Saint. Elles sont régulièrement profanées depuis plusieurs années, comme le rapporte Krystyna Twardowska, présidente de l’association La Défense du patrimoine chrétien.

L’oratoire Saint-Anne, situé à deux pas de la rôtisserie des Loges est l’un de ceux le plus souvent visés par les dégradations.
L’oratoire Saint-Anne, situé à deux pas de la rôtisserie des Loges est l’un de ceux le plus souvent visés par les dégradations.

«Les vitres des oratoires sont cassées régulièrement par des jets de pierres et des tirs de fusil. À peine sont-ils réparés qu’il y a de nouvelles dégradations.» Les casseurs n’ont jamais été identifiés jusqu’alors.

Son association œuvre à l’entretien et à la restauration de ce patrimoine, qui, non seulement attire les croyants pour un moment de recueillement, mais draine aussi énormément de promeneurs. Il existe d’ailleurs un sentier des oratoires, bien connus des marcheurs, qui traverse la forêt sur dix-huit kilomètres.

«Un lieu de pèlerinage»

«À une autre époque, c’était un lieu de pèlerinage», rappelle la responsable associative. La remise en état des oratoires détériorés prend parfois plusieurs mois, «le temps que l’Office national des forêts les décroche des arbres puis les remette en place», précise-t-elle.

Derrière ces dégradations, que certains connaisseurs de la forêt décrivent comme des actes de vandalisme gratuits, Krystyna Twardowska s’interrogent sur les motivations des casseurs : «Il n’est pas normal de s’attaquer à ce patrimoine cultuel et culturel, s’indigne-t-elle. Quelles idées sont véhiculées par ces actes ? Est-ce dirigé contre les chrétiens ?»

La rénovation d’un oratoire, certains datent d’une centaine d’années, coûte plusieurs centaines d’euros à l’association. Elle n’a pour l’instant pas porté plainte. «Je peux concevoir que le vandalisme existe. Mais s’attaquer systématiquement aux oratoires, c’est un acharnement scandaleux», grogne la présidente de la Sauvegarde du patrimoine chrétien, dont le siège est situé rue Pereire à Saint-Germain-en-Laye.

Actes anti-religion ?

«Ces actes ont une vocation anti-religieuse, c’est certain», souligne Bernard Mouton, membre des Amis de la forêt de Saint-Germain. Selon lui, les dégradations ont commencé au milieu des années 2000. Son association avait porté plainte contre X il y a quelques années suite à la destruction des trois-quarts du balisage du sentier des oratoires.

«C’est la troisième fois que l’oratoire Saint-Anne est dégradé. En 2007, une icône bénie par le Pape Jean-Paul II avait même été volée à Notre-Dame de Czestochowska. Parfois, des statues cassées sont remplacées», ajoute-t-il.

Bernard Mouton indique que ces dégradations sont principalement causées par des tirs de carabine et qu’elles interviennent surtout l’été.

78100 Saint-Germain-en-Laye
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