Porcheville Surpopulation carcérale : nouvelle grève du personnel de la prison pour mineurs

Ce mardi 9 mai, le personnel de l'établissement pénitentiaire pour mineurs de Porcheville s'est mis en grève pour dénoncer une situation de surpopulation carcérale survenue quelques jours avant. Le site a été bloqué une partie de la matinée.

Publié le : 09/05/2017 à 15:51

Ce mardi matin, le personnel pénitentiaire a manifesté devant l'établissement pour mineur de Porcheville. -
Ce mardi matin, le personnel pénitentiaire a manifesté devant l'établissement pour mineurs de Porcheville. -

Une vingtaine d’agents de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Porcheville sont en grève, ce mardi 9 mai. Ils ont manifesté devant la prison, de 6 heures à midi, bloquant momentanément l’accès au site.

À travers ce mouvement de grogne, surveillants et éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) dénonçaient la « surpopulation carcérale » qui a frappé l’établissement entre le 28 avril et le 2 mai dernier. Durant ces quelques jours, cette prison de soixante places, avec des cellules individuelles, a accueilli soixante-deux détenus.

Deux adolescents ont dormi à même le sol pendant plusieurs jours

Ce qui semblerait malheureusement banal dans un établissement pour adultes ne l’est pas du tout dans une prison accueillant des moins de 18 ans. Les grévistes rappellent que « la loi interdit » que des mineurs partagent une même cellule et que cette situation dégrade leurs conditions de travail.

Les grévistes ont bloqué l'accès au site pendant une partie de la matinée.
Les grévistes ont bloqué l'accès au site pendant une partie de la matinée.

« Deux adolescents ont dormi par terre sur un matelas et se sont vus contraints de partager une cellule de 9m2, avec un cabinet de toilette ne permettant pas le respect de leur intimité », déplore le Syndicat national des personnels de l’éducation et du social (SNPES-PJJ-FSU), dans un communiqué. « Cela s’est passé au quartier arrivant, c’est-à-dire avec des détenus dont la dangerosité n’a pas encore été jaugée, c’est encore plus grave, déplore Celine Pettini, éducatrice et membre du syndicat. Cela pose un réel problème de sécurité. »

« Depuis début 2017, c’est n’est pas la première fois que la situation se produit », alerte Samuel Messadia, surveillant et délégué du SNP-FO. D’ailleurs, le 23 février dernier, les éducateurs travaillant sur le site s’étaient déjà mis en grève pour les mêmes raisons.

« Aujourd’hui les juges ne peuvent proposer que très peu d’alternatives à l’incarcération, car il n’y a pas suffisamment de structures adéquates », déplorent, de concert, les deux syndicalistes. « On ne comprend pourquoi les magistrats n’incarcèrent pas à Liancourt (60) ou Rouen (76), à une heure de route des Yvelines au lieu d’affecter les détenus ici, quitte à doubler les cellules », ajoute Samuel Messadia, qui demande la mise en place d’un seuil maximal d’accueil à Porcheville.

Autre revendication : prévenir les agressions de surveillants en dehors du site

Dans un tract diffusé ce matin, le SNP-FO demandait aussi la « sécurisation immédiate » des abords de la prison, en écho aux violences récentes sur des surveillants à la sortie de leur travail : « Pour l’instant, nous sommes épargnés à Porcheville, mais jusqu’à quand ? », s’inquiète Samuel Messadia. Le syndicat réclame également la création de places de prison pour les mineurs en région parisienne.

Nathalie Jaffré, la directrice l’EPM confirme la situation de surpopulation dénoncée par les syndicats mais ne souhaite pas faire davantage de commentaires. L’administration pénitentiaire n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Interrogée sur le même sujet à l’occasion du mouvement du 23 février, l’un de ses porte-parole avait alors évoqué une « situation exceptionnelle », induite par les contraintes particulières auxquels sont soumis les transferts de mineurs, à savoir le « maintien des liens familiaux et du suivi éducatif ».

Ouvert en 2008, l’EPM de Porcheville, le seul de région parisienne, accueille soixante garçons, âgés de 13 à 18 ans. Il en existe six en France.

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