Aubergenville Un règlement de compte « à coups de hache »

Des individus ont été condamnés à des peines de prison mercredi. Ils auraient attaqué à la hache et au gaz lacrymogène deux frères de leur quartier.

Publié le : 04/08/2017 à 14:09
La police est intervenue.
Les prévenus n'étaient plus là quand la police est intervenue.
Le quartier du Plateau a été le théâtre d’une sombre affaire de règlement de compte. Le 10 juillet dernier, deux duos de frères de deux familles « ennemies » se sont retrouvés dans une de ses artères. Là, la première fratrie a porté des coups à l’arme blanche et lancé du gaz lacrymogène sur les deux autres individus qui ont été blessés. Ces derniers déclarent même avoir été attaqués « à coups de hache ».
Jugés mercredi dernier, les deux prévenus ont écopé de peines de prison ferme et d’une obligation d’indemniser les victimes.

« Pas des oies blanches »

« Nous avons là une affaire dans une cité avec des gens qui ne sont pas des oies blanches », s’est exclamé l’avocat d’un des frères, Ahmed*, mis en cause dans cette affaire, au cours de l’audience. Il a évoqué « une situation qui s’est envenimée ». L’un d’eux a déclaré être venu ce soir-là avec son frère pour « discuter » avec les victimes. Mais la fratrie a été jugée pour « violence aggravée » suivie d’incapacités de travail et, pour l’un d’eux, de « menaces de mort ».
Les faits, décrits comme « une scène d’horreur » par la sœur des victimes, et détaillés par un autre témoin, ont confondu les prévenus. Les deux frères Ahmed seraient d’abord arrivés dans la rue à bord de deux voitures, puis revenus avec un seul véhicule. Ils auraient alors abordé leurs victimes dans la rue. « Je suis sûr que l’un d’eux m’a volé une voiture. Et nous sommes victimes d’insultes dans le quartier », a tenté de se justifier un frère Ahmed. « L’enquête policière n’ avait pas démontré que votre véhicule a été dérobé par lui, a répondu la présidente du tribunal correctionnel. Et pourquoi n’auriez-vous pas porté plainte si vous avez été victime d’injures ? »
L’un des frères aurait – donc – ensuite attaqué leurs ennemis à coups de hache. Plusieurs coups ont été portés, blessant les deux victimes. L’une d’entre elles aurait vu sa main blessée alors qu’il levait le bras pour se protéger. L’autre frère aurait lancé du gaz lacrymogène. « Ce n’était pas une hache mais un marteau », s’est défendu l’un d’eux. La police n’a pas retrouvé la hache dont plusieurs témoins ont le souvenir, mais a déniché un marteau, au cours d’une fouille à leur domicile et dans leurs voitures. La hache aurait-elle été camouflée par la suite ?
Selon les victimes, des menaces de mort ont été prononcées. La vidéosurveillance a attesté la présence des frères Ahmed sur les lieux de cette rixe. Mais quand la police est arrivée, les prévenus n’étaient déjà plus là.
Les frères Ahmed, qui étaient déjà connus de la justice, n’ont pas écopé de la même peine. Le premier a été condamné à 24 mois de prison ferme, dont douze avec sursis et mise à l’épreuve, pendant que le second devra purger une peine de douze mois d’emprisonnement, dont six avec sursis. Ces sanctions ont été assorties d’une obligation de ne pas apparaître à Aubergenville ni d’entrer en contact avec les victimes. Ils devront aussi travailler ou se former. La partie civile a également obtenu des réparations financières.
Gaëlle Nays
* les noms ont été changés
78410 Aubergenville

Rédaction

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