Mantes-la-Jolie Un week-end sous haute tension dans les quartiers sensibles des Yvelines

Ce week-end a été marqué par de nombreux incendies volontaires dans les quartiers sensibles des Yvelines. Des policiers ont également été pris à partie à Mantes-la-Jolie, notamment. Selon des sources policières, aucun lien formel avec l'affaire Théo n'est établi pour le moment.

Publié le : 13/02/2017 à 11:40

Dans la nuit de dimanche à lundi, aux Mureaux, un véhicule a été incendié rue Erik-Satie. Ce lundi matin, l'épave avait déjà été enlevée par la fourrière, il ne restait que ces traces au sol. -
Dans la nuit de dimanche à lundi, aux Mureaux, un véhicule a été incendié rue Erik-Satie. Ce lundi matin, l'épave avait déjà été enlevée par la fourrière, il ne restait que ces traces au sol. -

Un week-end sous tension dans certains quartiers sensibles du département. Les incendies volontaires se sont multipliés. À certains endroits, la violence est montée d’un cran. Des individus avaient la ferme intention d’en découdre avec les forces de l’ordre. Une dizaine de personnes ont été interpellées durant ces deux jours.

La nuit de dimanche à lundi a été particulièrement chaude à Mantes-la-Jolie. Les violences se sont concentrées dans le quartier du Val-Fourré. Vers 21 h 40, un premier guet-apens a été tendu aux policiers, rue Jean-Honoré-Fragonard. Ils ont été appelés pour un feu de poubelle, qui s’est avéré être fictif. À leur arrivée sur place, le quartier était plongé dans le noir. Une soixantaine d’individus ont ouvert les hostilités, en projetant des cocktails Molotov et divers projectiles, blessant un fonctionnaire au tibia. Les policiers ont riposté au flashball. Ils sont restés plusieurs heures sur place pour ramener le calme. Peu avant minuit, ils se sont à nouveau fait caillasser par une quinzaine d’individus qui s’opposaient à l’arrestation de leur ami pour refus d’obtempérer. Il n’y a pas eu de blessés.

Vers 23 heures, rue Clément-Ader, à deux pas de là, les pompiers sont intervenus pour un incendie de véhicule. En fait, ce n’était qu’un feu de détritus. Les policiers qui les escortaient ont été atteints par des jets de projectiles venant des étages d’un immeuble. Personne n’a été interpellé, ni blessé. À 23 h 15, une patrouille de la brigade anticriminalité (Bac), de passage rue Jean-Mermoz, a également été la cible de projectiles. Un quart d’heure plus tard, une poubelle a été incendiée dans cette rue.

À Sartrouville, de l’autre côté du département, la situation était également très tendue. Les fonctionnaires ont dû faire face au même phénomène de caillassage. Cela a donné lieu à l’interpellation de dix personnes, principalement des adolescents, selon une source policière.

Longue série d’incendies volontaires

De nombreux incendies volontaires sont recensés ce week-end. Dans la nuit de samedi à dimanche, les poubelles ont flambé à Mantes-la-Jolie, avenue De-Gaulle, vers 21 heures, puis rue Charles-de-Foucault, aux alentours d’une heure du matin. À Mantes-la-Ville, un container a aussi été emporté par les flammes, vers 0 h 30, rue des Pyrénées. Entre la fin d’après-midi et le petit matin, de nombreuses poubelles et quatre véhicules sont partis en fumée, à La Verrière, Sartrouville, Achères, Versailles et Villepreux.

Le même phénomène a été observé dans la nuit de dimanche à lundi. Un véhicule est parti en fumée, vers 21 heures, rue Erik-Satie aux Mureaux. Un autre, peu avant 22 heures, rue du Vieux-Pont à Limay, dans un quartier réputé tranquille. D’autres containers ont été incendiés par des fauteurs de trouble à Mantes-la-Jolie, Sartrouville, Trappes et Achères. La plupart de ces faits se sont déroulés dans des quartiers classés en zone prioritaire de sécurité. Ils n’ont donné lieu, pour l’instant, à aucune interpellation.

Faut-il y voir un lien avec l’affaire Théo, du nom d’un jeune homme d’Aulnay-sous-Bois qu’un policier est suspecté d’avoir violé avec sa matraque ? Cette affaire a déclenché de violentes échauffourées entre jeunes et policiers en Seine-Saint-Denis. Dans les Yvelines, il est trop tôt pour se prononcer, selon un policier expérimenté du département. « Pour l’instant, ni les auditions des interpellés, ni les cris entendus sur place, ni des inscriptions ou des banderoles permettent d’y voir un lien de cause à effet. Ces individus regardent la télévision, évidemment, donc on peut imaginer que ça aurait pu leur donner des idées. Mais on ne peut pas le dire formellement, confie-t-il. Il faut souligner que ce sont les vacances scolaires. Traditionnellement, à cette période, nous constatons un regain de violence dans les quartiers. D’autant que la plupart des interpellés sont très jeunes : 13, 14, 15 ans. »

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